Pourquoi un administrateur à la direction d’une bibliothèque est une bonne chose.

Jeudi 1 juillet 2010

Quelques articles (Livre Hebdo, ou enssib) – révèlent une grogne du métier suite à la décison de la ville de Toulouse de recruter pour sa direction un administrateur territorial (qui lui coute de l’argent) en lieu et place non seulement d’un conservateur, mais d’un conservateur d’état (qui ne lui coute rien).

Je suis en désaccord avec ce que je lis.

Je vais vous dire pourquoi j’estime que c’est une bénédiction

  • parce que les conservateurs ne sont pas des gestionnaires, et que nos métiers en ont besoin
  • parce que les RH et les marchés publics sont nos deux principaux boulets, et que, ca, ca emmerde les conservateurs.
  • parce qu’il est très difficile de recruter sur des postes de direction = parce que les conservateurs ne postulent même pas
  • Parce que les conservateurs ont laissé pourrir des situations pendant des années
  • Parce que la liste des bibliothèques francaises qui dorment depuis 30 ans est longue comme le bras
  • Parce que les conservateurs refusent de prendre leurs responssabilités
  • Parce que les conservateurs un peu péchus, aptes à bouger, aptes à insuffler le changement, qui ont envie de s’emmerder à la direction d’une structure avec des baisses de masse salariale, et un immobilisme érigé comme une culture d’entreprise – et encore disponibles – bah : ca n’existe pas. On en douterait ? Voyez l’Alcazar, voyez Toulouse, voyez la BPI… Et comment ca va à la BML ?

Je crois que le modèle “binome administrateur-métier” est tout a fait pertinent (comme au Louvre? comme à la BML ?)

Je crois qu’à défaut d’un binome, qu’une administratice viennne 3-5 ans remettre de l’ordre dans une structure qui en a bien besoin est un excellente chose. Je ne crois pas que des postes de direction de bibliothèque soit des postes qui retiennent des administrateurs talentueux.

Mieux vaut un mec bon 3 ans – qu’un mauvais 20.

7 Responses to “Pourquoi un administrateur à la direction d’une bibliothèque est une bonne chose.”


  1. [...] Sur le même sujet, à lire *« Pourquoi un administrateur à la direction d’une bibliothèque est une bonne chose », dans Bibliothèques 2.0 ; par « un conservateur territorial de [...]

  2. tacheau Says:

    S’il est prévu un administrateur en binôme avec un bibliothécaire à la BML, je veux bien faire l’administrateur… si (vu que) le bibliothécaire est déjà choisi !

  3. tacheau Says:

    Plus sérieusement, le vrai problème, et vrai risque, réside dans ta dernière phrase. L’image et la place de la culture et particulièrement des bibliothèques dans la hiérarchie des valeurs administratives risque de ne voir passer dans nos murs que de jeunes loups talentueux, vite repartis ou des administrateurs fatigués qu’on collerait ici car on ne sait plus trop où les mettre…

  4. Mathilde Says:

    Encore faut-il que le bibliothécaire du binôme soit prévenu qu’il va assumer des missions qui n’étaient pas celles pour lesquelles il a signé, même si évidemment, en bon bibliothécaire, il est très ouvert…

  5. PV Says:

    Bonjour
    c’est assez pénible de lire à longueur de blogs que les bib sont des cons, des nuls, des mous, des immobiles… si vraiment ce métier ne vous inspire que cela, soyez conséquents et courageux : tirez-vous ! Vous trouverez peut-être cela brutal mais arrêtons cette autoflagellation ridicule; Il y a de gros nullards parmi nous, certes, c’est une évidence ! Et des administrateurs en dessous de tout, harceleurs, malhonnêtes, politiquement peu clairs quant à leurs missions, incultes et obsédés par les chiffres et les indicateurs ? Et des attachés sur le même modèle, et des élus cons comme leurs pieds et incapables de comprendre eux-mêmes le sens des politiques qu’ils tentent à grand peine de mettre en œuvre ? Il y en a aussi, peut-être beaucoup, peut-être pas, comme dans notre profession, sans doute… On sait très bien que le manque de “poigne” dans la gestion des bibliothèques tient en (grande) partie à deux choses principales : en premier, une absence totale de considération et d’intérêt de la part des politiques et du “top management” qui fait que le moindre problème de conflit avec les agents induira une absence totale de soutien de la part de la hiérarchie et des élus, qui trouveront un fusible sans difficulté dans la figure du dir. de bib zélé ; en second, du clientélisme qui fait que des agents votant sur leur lieu de travail resteront toujours des agents à ne pas trop brusquer et, retour au point numéro un, on peut prévoir un soutien minimal en cas de problème dans l’application d’une politique de rationalisation qui n’aura même pas été demandée par la tutelle.
    Bien sûr, le modèle du conservateur pas très motivé par l’administration serrée de ses ressources existe mais, là encore la situation peut être un tant soit peu complexe : ce profil peut concerner des postes qui cumulent des moyens humains insuffisants, des exigences managériales poussées, des compétences financières et de suivi budgétaire élevées et en sus un volet scientifique et technique important sur les collections… En fait, le binôme conservateur / administrateur serait peut-être plus acceptable si l’admin. était subordonné au cons. et pas l’inverse, au moins de temps en temps !
    PV

  6. Hervé Says:

    “les RH et les marchés publics sont nos deux principaux boulets”.
    C’est vrai, depuis toujours, et ça n’emmerde pas que pas que les conservateurs mais tous les directeurs de toutes structures.
    Le problème c’est que pendant 40 ans on a pu “bricoler” dans ces domaines. Mais c’est fini. Ces questions sont désormais devenues prioritaires pour les décideurs, et les règles du jeu de plus en plus strictes (rien que les modifications en matière de marchés publics, chaque année…)
    Et nous ferions mieux de devenir performants dans nos domaines de prédilection, afin de professionnaliser l’image de la profession à ce niveau, que d’essayer de jouer les performers en matière de RH et de comptabilité.
    Alors oui, vive le binôme !

    Et attention aux jeunes loups talentueux vite repartis, comme le souligne Olivier Tacheau. La fonction publique est en train de se peupler de contractuels “chargés de mission”, ayant souvent carte blanche sur le plan hierarchique et n’assumant pas les conséquences de leurs décisions puisque repartant faire carrière aussi vite qu’ils sont venus. C’est probablement là une des plus graves questions qui se profile actuellement dans toute la fonction publique. Il ne s’agit pas de savoir qui va gerer un con pendant 20 ans, mais de savoir qu’aucune collectivité ne voudra bientôt plus payer qui que ce soit pendant 40 ans…


  7. [...] Pourquoi un administrateur à la direction d’une bibliothèque est une bonne chose (Des Bibliothèques 2.0) [...]


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