Que peuvent nos discothèques face à Deezer ?
Lundi 11 août 2008
Deezer, c’est un site où vous pouvez écouter en gros tous les morceaux de musique que vous voulez – gratuitement.
Samedi soir, j’ai passé la soirée (arrosée) à faire le DJ avec ça.
Sans CD, sans platine, sans bibliothèque…
1. Qu’est-ce que Deezer ?
Voir Wikipedia.
Retenons :
- C’est gratuit
- C’est en ligne
- C’est légal
- C’est du mp3 (et pas que du bon)
- C’est un moteur de recherche hyper éfficace qui, contrairement à vos OPACs vous autorise à ne pas savoir écrire le nom de l’artiste.
- C’est une base de données, très très complète
2. En quoi c’est une tendance?
Eh bien, je crois très fort au modèle nomade :
- Les usagers ont un petit outil technologique pour surfer (PC à 100$, palm, tél. mobile)
- Et toutes les ressources sont en ligne.
- ET il n’y a plus rien de stocké en local.
Pourquoi avoir si patiemment gravé tous ces CDs en mp3 sur votre ordi, alors que tout, tout, est en ligne sur deezer ???
3. Se repositionner face au modèle ?
Deezer est un outil très puissant : moteur, catalogue, rapidité du streaming
Il pèche sans doute par :
- qualité des morceaux,
- quantité des morceaux (quasiment rien en musique contemporaine – je suis sûr que nos discothécaires favoris vont nous dresser une liste longue comme le bras de perles qu’il n’y a pas – sans doute quelques manques d’artistes majeurs (j’ai pas trouvé le bilan des Neg’ marrons !!))
Mais tout cela va aller s’améliorant. D’autant qu’on pourra aussi parler de :
Alors à quoi vont servir nos discothèques ???
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1.
Sylvain | Lundi 11 août 2008 at 9:13
un petit complément à la liste des plateformes : http://www.musicme.com
sans doutes le catalogue le plus complet…
2.
Insula dulcamara | Mardi 12 août 2008 at 9:01
Moi qui m’imaginais que l’une des missions des bibliothèques était : “encourager le dialogue interculturel et favoriser la diversité culturelle” (manifeste de l’unesco) !!
Si le coeur de notre métier est bien la médiation, Deezer n’est pas le site dont j’aurais parlé en premier lieu. L’aspect recommandation et découverte n’y est pas très développé. Des modèles expérimentés ici ou là (comme Musicovery par exemple http://ec2-75-101-239-222.compute-1.amazonaws.com/index.php?ct=fr ) me paraissent plus prometteurs.
3.
dbourrion | Mardi 12 août 2008 at 5:18
J’avais déjà esquissé la question (mais à propos de Jamendo) et donné une piste là et là : il me semble que la seule réponse, c’est : nos discothèques sont mal barrées… mais les discothécaires ont du pain sur la planche car ils peuvent toujours recommander et défricher pour les usagers, faire des tris et faire remarquer des choses intéressantes dans cette masse de musique…
4.
Xavier Galaup | Jeudi 14 août 2008 at 2:35
Damned, si les jeunes collègues conservateurs s’y mettent aussi…
J’entends des bruits de couloirs et lit par-ci par-là des allusions quant à la disparition de la musique en bibliothèque. C’est largement discutable…
Je reprends en vrac quelques arguments écrits dans des articles ou sur mon blog:
- largeur de l’offre comme tu l’évoquais. Sans même parler de l’histoire de la musique, il y aurais beaucoup à dire sur la couverture de certains genres musicaux. Je doute que toutes les ressources soient vraiment en ligne un jour du fait des majors ou maisons de disques. Certaines parties des enregistrements musicaux ne seront jamais jugées rentables pour être mis en ligne.
- la pérennité: Deezer et consorts peuvent faire faillite ou arrêter un jour… voir l’exemple de Yahoo Music. Un artiste ou un album peut disparaître au gré des négociations juridiques ou du bon vouloir du compositeur et peut-être à terme de l’audience publicitaire qu’il génère pour Deezer…
Les bibliothèques musicales ont un rôle à jouer de:
- mise en perspective des musiques et des artistes
- faire découvrir la musique sous toute ses formes
- offrir un accès stable et à des fichiers de bonne qualité
- être un lieu, parmi d’autres, de sociabilité autour de la musique
Je reprends ce que dit Arsène Ott dans son article Musique en bibliothèque : la fiancée du pirate : « ce qui fait la culture (qu’elle soit musicale, littéraire, scientifique, plastique…) c’est la rencontre non seulement avec des mots, des couleurs, ou des sons, mais aussi avec des personnes, des artistes (sans pour autant en faire des escortes mondaines), [et] des lieux. »
Les discothèques ou bibliothèques musicales sont les derniers lieux généralistes et éclectiques sur la musique loin des disquaires indépendants et du rétrécissement de l’offre dans les grandes surfaces spécialisées.
Alors oui, il y a du boulot pour proposer des animations, créer des lieux attractifs, investir internet pour la médiation des collections et mettre en ligne (légalement?) les trésors que représentent nos fonds. C’est il me semble un enjeu de diversité musicale.
5.
MxSz | Vendredi 15 août 2008 at 7:04
Hello Xavier,
… Et tout d’abord, merci à PK d’avoir fait le point sur Deezer.
Je crois néanmoins que ce genre de plate-forme musicale va avoir des effets rapides sur les usagers.
Comme le dit un ami, qui m’a fait découvrir Deezer, à qui je faisais remarquer que “ouais, mais la qualité audio n’est pas top, quand mêmeu, non ?” : “rien à foutre, tant que je peux écouter ce que je veux”…OK. Donc, à mon avis, la question de la qualité audio, si elle est potable, n’est absolument pas un problème pour les gens.
En tout cas, moi :
- J’écoute Deezer environ 7h30 par jour au boulot, toute la semaine. C’est ouf, y’a même l’intégrale des Ethiopiques (on dépasse les 30 volumes, quand même…)
- J’écoute souvent les mêmes albums.
- C’est vrai que l’offre n’est pas très étoffée dans beaucoup de secteurs. Mais quand même… ça me suffit largement.
- J’ai cessé d’aller emprunter des CD à la bib’ du coin. Je n’achète plus de CD, évidemment.
Certes, la question de la pérennité de ces sites est posée. Mais si les gens, comme moi, prennent l’habitude d’écouter sur Deezer pendant quelques mois, ils vont très rapidement perdre celle d’aller fréquenter une bib (à moins qu’elle soit virtuelle). C’est déjà mon cas. Si Deezer disparait, ben je chercherai autre chose. En tout cas, l’année prochaine, je ne reprendrai pas mon abonnement à la bib. Par contre, si des services en ligne sont proposé, ils m’intéresseront fortement.
Quant aux discothèques comme lieu de sociabilité autour de la musique, hum… Je suis plutôt sceptique. Dans les bib que j’ai fréquentées (allez, citons-les : la part-dieu, le réseau des bib municipales de Paris, la bib d’amiens, la bib de Montrouge…), il y a des cd dans des bacs, et une personne à l’accueil que l’on ne va jamais voir. C’est tout. Beaucoup de bib pensent que le rôle du médiation s’arrête à la mise à disposition gratuite (ou pas chère du tout) de biens culturels. Du coup, la plupart des usagers ne pensent pas qu’un bibliothécaire puisse jouer le rôle d’un médiateur.
Je pense comme dbourrion que les discothèques sont mal barrées (comme les DJ de campagne, d’ailleurs).
6.
MxSz | Vendredi 15 août 2008 at 7:20
2ème commentaire, en étant allé faire un tour rapide sur les sites indiqués par PK : on trouve quand même beaucoup, beaucoup de choses. Y’a plus d’albums de Sviatoslav Richter sur Deezer et Jiwa qu’à la bib, ça c’est sûr.
Ok, c’est un simple exemple, qui n’est pas représentatif. Y’a qu’un seul titre de Marta Topferova, par exemple, alors qu’elle a sorti plusieurs albums. Et rien en musique contemporaine, comme le fait remarquer PK.
Mais si l’auditeur s’inscrit, cela permet à l’éditeur du site de faire un marketing publicitaire ciblé qui vaut de l’or en barre. Du coup, économiquement, ça a l’air viable.
7.
Guillaume | Dimanche 17 août 2008 at 12:11
Juste un chiffre au sujet du modèle “nomade”. J’y crois moi aussi beaucoup, mais ce chiffre tiré de l’étude USE-IT 2007 de l’Idate m’a un peu refroidi, laissant penser que les gens sont encore très attachés à la possession vs l’accès :
Préféreriez-vous :
Avoir accès à de la musique en ligne, mais conserver vos morceaux préférés à domicile, sur un PC, un baladeur ou des CD (93%)
Gérer toute sa musique en ligne sur Internet (7%)
8.
eric1871 | Mardi 19 août 2008 at 3:31
La première réflexion qui m’est venue à la lecture de ces réflexions concerne ce fameux “modèle mobile” encore bien aléatoire : faire le DJ avec Deezer oui… mais avec un PC et une connexion fiable…
A mon avis, c’est plutôt le “baladeur” qui menace les supports, or, outre sa propension à être volé, j’ai pu constater par moi-même la faible durée de vie de certains modèles, qui a entraîné la perte des quelques 700 titres que j’avais choisi avec soin…
Rien sans doute que je ne puisse retrouver dans ma bibliothèque musicale…
A l’inverse, il semble bien qu’aujourd’hui, ce qui se trouve sur internet ne s’y trouve plus définitivement et indéfiniment, si l’on en juge, par exemple, par ce qui se passe avec Youtube et consorts..
Il se trouve d’autre part, que dans la bibliothèque musicale que je gère, j’ai justement complété le fonds “musique contemporaine” cette année ; afin de représenter tous les courants et les principaux compositeurs…
Reste à avoir du personnel suffisamment qualifié pour proposer, orienter, discuter, sur toutes les musiques (et sans juger)…
9.
dom | Mardi 19 août 2008 at 4:00
.
Je vais faire mon bibliothécaire… La qualité des métadonnées est un peu faible ; du coup, associée à une recherche floue, on a parfois un peu de mal à trouver ce qu’on cherche, en particulier pour la musique interprétée, où l’interprète est souvent indiqué comme artiste et l’auteur casé dans le titre.
Plus sérieusement et sur le modèle nomade, indépendamment du problème de la médiation, Gallica comme Refworks et d’autres appli, dont Deezer, se trouvent confrontés au fait que les utilisateurs ne veulent pas être dépendants de leur connexion (Que dire des lecteurs de la BnF qui n’ont pas internet dans les salles de lecture et qui voudraient écouter la musique dans leur casque ailleurs qu’en salle P ?). Que peuvent nos discothèque face à Deezer ? Oh, c’est simple : supprimer le wifi et se battre contre
10.
Sylvain | Mercredi 20 août 2008 at 4:54
Concernant la pérennité et la complétude des plateformes citées je me permet deux petites précisions :
_ Jiwa est une plateforme mise en place par Universal (pour lutter contre le téléchargement illégal, sic), et sa durée de vie est sans doute plus liée à celle de sa maison mère qu’à son audience .
_ MusicMe est issu d’une alliance entre les majors du disque et a vocation à accueillir l’intégralité des catalogues éditeurs concernés. Le modèle économique en est toutefopis différent puisque le site propose une fonction de téléchargement payant (donc légal, troublante équivalence…).
Il semble donc que, pour certaines d’entre elles au moins, ces plateforme représente une évolution de l’activité des éditeurs de musique et ne soit pas uniquement le fruit d’une utopie mais bien une nouvelle forme (rentable ?) de diffusion de la musique.
Les “major companies” n’étant pas aux mains de philantropes, il y a fort à parier que des études sérieuses ont été menée, et que ce type de ressources aujourd’hui balbutiantes, en vienne à s’imposer comme un standard de diffusion dans un avenir pas si lointain.
Bonne ou mauvaise nouvelle ?
11.
mediamus | Vendredi 22 août 2008 at 3:34
Je rejoins le propos de Insula dulcamara , je ne vois pas en quoi Deezer menace l’avenir des sections musicales en bilbiothèques. Ni plus ni moins que Wikipédia ne remet en cause l’existence des services de référence.
Les bibliothèques proposent à l’usager deux modes d’usages très distincts : la recherche et la découverte. Deezer permet de trouver précisément la musique que l’on souhaite écouter mais n’est pas du tout un vecteur de découverte et d’enrichissement de sa cultuure musicale. Dans le domaine de la recommandation LastFM, ou Pandora (dont l’accès est aujourd’hui limité aux USA) offrent des possibilités bien plus intéressantes.
C’est aussi et surtout dans ce domaine que les bibliothèques sont mises à mal, celui de la recommandation, du partage et de l’expression des auditeurs et des lecteurs…c’était d’ailleurs le sens de mon intervention au dernier congrès de l’ABF à Reims : La bibliothèque peut-elle devenir un média social ?
http://abfblog.wordpress.com/2008/06/16/les-natifs-du-numerique-et-la-musique-la-bibliotheque-un-media-social/
12.
mediamus | Vendredi 22 août 2008 at 3:40
Mashable a listé en juillet plus de 100 sites pour écouter, partager et télécharger la musique.
http://fr.mashable.com/2007/07/08/musique-en-ligne-100-services-en-ligne-pour-ecouter-partager-et-telecharger-la-musique/
13.
Discobloguons | Jeudi 4 septembre 2008 at 9:40
“C’est un moteur de recherche hyper éfficace qui, contrairement à vos OPACs vous autorise à ne pas savoir écrire le nom de l’artiste.”
Loupé. Une faute dans le nom d’un artiste ne marchera que si les informations des morceaux concernés contiennent également la même erreur. Essayez de trouver les chansons des Delgados en tapant “Degados” ou même “Delgado” : aucune bonne réponse.
Sinon mon avis rejoins ceux évoqués plus haut : je ne vois pas en quoi Deezer constituerait une “concurrence” dangereuse…
14.
Gift | Mardi 16 septembre 2008 at 9:48
Я круче нигде не видел.
15.
mediamus | Jeudi 18 septembre 2008 at 7:42
Il y a une erreur dans mon dernier message : il s’agit en fait de :
30+ sites pour écouter de la musique en streaming (Mashable, 11/08/08)
http://fr.mashable.com/2008/07/11/30-sites-pour-ecouter-de-la-musique-en-streaming/
(le lien précédent renvoie à un article du même site mais de juillet 2007)
16.
Arnaud | Jeudi 18 septembre 2008 at 4:49
En fait, j’interviens dans la discussion pour exprimer à mon tour mon inquiétude. Discothécaire depuis 8 ans dans un discothèque de 15000 cd, nous voyons cet année nos taux de rotation fondre un peu plus.
Je ne crois pas que nos usagers recherchent spécialement de la médiation, mais plutot un accès pas cher à d’importantes ressources. A ce titre je pense que les plateformes citées impacteront sur notre activité si elles ne le font pas déjà.
Au fonds, si nous le transposions au modèle économique de la longue traine, nous serions dans le rôle des libraires au nombre de références limitées, face à un fournisseur pouvant jouer sur beaucoup de niches à la fois. Certains remarquent que ces sites ne sont pas complets, c’est exact (peu de classique, peu de contemporain…) Et nous ? Quelles proportions pour ces musiques dans nos collections ? (d’autant que tôt ou tard ces sites combleront leurs lacunes si c’est économiquement intéressant.). Le jour où nous ne pourront plus justifier des moyens nécessaires à notre existence au regard de l’activité, les elus trancheront.
Bien cela dit , on fait quoi ? Nous avons aussi généré des habitudes, un public, des pratiques. Nous avons fait des animations, de la communication, de l’information, et tout un tas de trucs qui finissent par -tion… et pourtant ça baisse, ça tangue…
J’ai suivi les interventions ayant pour sujet les évolutions des discothèques 2.0 et notamment les téléchargements chronodégradables. Mais bon, pas convaincu.
La FORCE de nos prescription ? je pense que c’est du flan, on voit bien que les usagers privilégient les pratiques autonome, de préférence informelles : J’en vois 100 par jour, ceux qui me parlent veulent des réservations…
Que pouvons-nous offrir que deezer n’offre pas sinon notre pomme ?
PS : je me demande si les usagers ne l’ont pas déjà trop vu, notre pomme…
Réflechissons ensemble chers amis, à ce que nous pouvons offrir que Deezer n’a pas encore !
17.
Hervé | Samedi 20 septembre 2008 at 5:21
Je viens de découvrir le site DEEZER grace à votre article. Je suis évidemment séduit ; j’y ai trouvé une bonne partie de mes artistes favoris, plus quelques uns dont j’ai entendu des morceaux à la radio et que je me suis promis d’emprunter un de ces jours à la médiathèque que je fréquente.
Je ne suis pas sûr cependant que la menace soit si forte que ça. Je trouve un intérêt à écouter, en pianotant sur mon PC, quelques morceaux choisis, et Deezer va donc s’ajouter à Bibliomédia, auquel j’ai accès par l’intermédiaire des services en ligne de ma médiathèque.
Mais ce n’est pour moi qu’un usage, très limité, d’une collection musicale. Pour écouter le soir en lisant, lorsque l’ordinateur est éteint, dans la voiture ou dans le train, rien de tel que ce bon vieux CD…
J’arrive à l’instant de ma médiathèque, ou j’ai “butiné” beaucoup plus agréablement et efficacement que sur Deezer. Je passe de bac à bac dans ma discothèque, je m’arrête sur un artiste que je ne connais absolument pas attiré par une pochette ou un titre d’album, je regarde la présentation des dernières acquisitions, la présentation du “choix du discothécaire”… Je découvre ce que je ne suis pas venu chercher en somme…
La recherche sur Deezer ne permet de trouver que ce que l’on cherche, c’est très différent… Même la recherche par catégorie, ou l’onglet “artistes similaires” ne me permet pas une navigation aussi confortable que celle, physique, dans ma discothèque.
Je compare ça à la différence entre mes visites à Cultura ou la FNAC et mes séjours chez mon libraire.
Peut-être finalement qu’une plateforme comme Deezer nous renvoie à nos missions, au traitement de nos collections, aux choix que l’on opère, indépendants des majors avec lesquelles Deezer a passé un accord, à notre pratique de mise en valeur des collections, à nos animations, à l’utilisation des NTIC dans l’accès à nos collections, etc…
18.
Biblioroots | Mercredi 1 octobre 2008 at 10:21
Bon Bon, juste pour dire :
deezer et lastfm seront bientôt “à niveau légalement”
Ils se posent comme beaucoup d’autres : en plateforme
c’est à dire qu’aujourd’hui déjà des “webacteurs” enrichissent quotidiennement ces plateformes avec leur propre morceau !!!
Que peut faire un budget de bibliothèque contre ça !!
En terme d’offre même la meilleure bibliothèque du monde pourra très bientôt rendre son tablier au niveau musical…
Et encore on parle de légalité car que dire des réseaux peer to peer et du protocole bittorrent ???
Je pense donc que l’argument de la diversité de l’offre ne tiendra bientôt plus.
Pour ma part il ne tient pas car je trouverai toujours plus de SIzzla ou d’Admiral T ou encore de TTC à l’écoute sur le Net que dans les rayons de ma bibliothèque.
C’est aussi une question d’usages et de génération.
Par exemple dans ma voiture j’utilise déjà mon ipod à l’aide d’un banal transmetteur FM.
Donc l’argument deezer dans la voiture est peu pertinent sachant que l’explosion des mobiles comme l’iphone permet d’accéder à ces services même en pleine partie de pêche ( !!! ces du vécu)
voilà grosso modo
Je reprendrais et synthétiserai l’ensemble de mes réflexions (réponse sur blogs, biblio.fr, dissertation du concours de bibliothécaire …) sur mon tout nouveau blog professionnel
http://www.biblioroots.fr
19.
eric1871 | Mercredi 1 octobre 2008 at 1:36
Et bien, voilà le post d’un vrai “digital native” !
Et surtout d’un bibliothécaire très très loin de la “culture bibliothécaire”.
Fonder sa pratique sur la transmission c’est bien, mais oublier totalement la conservation c’est aller un peu vite en besogne. Or, il me semble l’avoir déjà suggéré, aujourd’hui la permanence des fichiers sur le net est très loin d’être garantie. D’ailleurs, on a parlé d’archivage du net lors de la rencontre des discothécaires du printemps dernier : la BNF tente de conserver la mémoire de l’internet….
Aujourd’hui s’extasier devant la diversité de l’offre ne prend pas à compte l’accès à cette offre : comment a t-on connaissance de l’existence d’une musique ? (comme disent les jeunes).
Le net ne fonctionne pas différemment des autres médias en termes de publicité. a quoi cela sert il qu’un artiste soit disponible sur Deezer si personne ne connait son existence.
D’un autre côté, le non choix me semble une stupidité. Au prétexte d’exhaustivité, on a une sur-représentation de titres de variétoche sans intérêt. Certes cela satisfait les sacro saints usages qui semblent tant vous tenir à coeur, mais cela ne sert en rien la musique.
Si les médiathèques ne doivent plus être que le lieu de rencontre des mélomanes, cela me va très bien. Auijourd’hui je travaille pour environ 20 % de la population et ça ne me chagrine pas de ne pas toucher ceux qui veulent le dernier produit de la TV réalité.
Par contre j’avais envie d’écouter Lluis Llach… pas de bol…
20.
Anne # | Lundi 20 octobre 2008 at 9:25
Je me rangerais plutôt du côté des pessimistes en ce qui concerne l’ accès à la musique qu’on propose, sauf peut-être si un jour on avait des sortes de pompes à musique avec des raretés téléchargeables…Pour l’heure on se raccroche aux branches en se disant qu ‘effectivement il nous reste le côté être humain et lieu de convivialité musicale, si on parvient à paufiner les deux, ce qui n’est pas forcément évident. J’ai ce sentiment qu’il faudrait agir vite et bien, car comme l’a montré l’enquête du Credoc, c’est parce qu’ils n’en ont pas “l’habitude” que les gens ne fréquentent pas les bibliothèques : or la génération des 10-17 ans n’aura jamais acheté un disque, donc encore moins pris l’habitude d’en emprunter… Vendredi soir, un des musiciens du groupe “Emzel Café” venu jouer s’est écrié : “quand je vais dire à ma mère que j’ai braillé mes chansons, bu une bière et mangé des chips à la bibliothèque, elle va pas me croire !” A méditer…
21.
eric1871 | Dimanche 26 octobre 2008 at 2:25
J’ai essayé, je dis bien essayé, d’animer à mon tour une soirée à partir de Deezer…. Heureusement que j’avais une platine et pas mal de disques à disposition… Parce qu’outre quelques problèmes de déconnexion intempestives, le gros souci ça a été le son… en effet, si, je suppose, ça doit bien se passer pour la boum du mercredi dans le garage, dès qu’on branche ça sur une bonne sono, on atteint les limites : taux de compression variable, niveau sonore d’encodage itou font qu’on se retrouve avec une bouillie sonore difficile à soutenir.
Je dois dire que j’avais un PC standard avec carte son d’origine branchée sur une sono pro. Ma platine CD, ordinaire elle aussi, ml’a bien aidé sur ce coup là…
J’avais déjà testé en soirée de compléter mes disques par des mp3, histoire d’avoir moins de trucs à trimballer, sur une sono de DJ pro toujours, et j’avais constaté que la déperdition due à la compression posait un problème.
Sur Deezer, le rythme des morceaux (le fameux BPM) n’est pas taggé, ce qui exclut les enchainements, et le mix, quant aux autres tags… si on n’a pas fait une playlist avant (et vérifié tous les morceaux), on risque d’avoir des surprises, de toutes façons on vous demandera toujours le morceau que vous n’avez pas et les chances de sélectionner un autre morceau à la place ne sont pas négligables…
En résumé, encore aujourd’hui on ne peut pas se passer du support si on veut animer correctement une soirée… ça me rassure un peu.
22. Créer son espace sur MyS&hellip | Jeudi 2 avril 2009 at 3:46
[...] médiathèques ont sauté le pas, elle ont fait face à Deezer [...]