A quoi sert la Biblio-blogo-sphère ?
Mercredi 28 février 2007
Je rebondis sur un commentaire que m’a laissé Marie.
En substance :
“C’est génial ce que vous dites, vous et vos co-religionnaires, mais vous êtes à des années lumières de ce qui se passe dans la vraie vie ! Alors comment appliquer vos idées/manifestes dans nos bib si poussives ?”
—
C’est une bonne question !
Je regrette même que le monde des bib soit si lénifiant que lorsque qq’un OSE poser une question simplement judicieuse, il doive prendre des pincettes de peur de froisser…
Prologue :
Qui lit les biblio-blogs ? Lançons une enquête en ligne (cf bibliobsession) pour tenter la mesure (pas avec les gratuits, mais Sphinx se trouve aisément). Je crois que le bon levier/canal serait blog-bbf (en tout cas, pas moi, j’ai pas d’audience… ;-P ) (**)
Essayons de répondre :
1. Le commentaire de B&C est déjà une réponse autorisée (plus que la mienne puisque je ne suis effectivement pas en poste). Et j’invite “ceux qui savent” à commenter, parce que c’est un peu des idées en l’air que je vais écrire.
2. D’abord, avant de changer le système en place, il faut “éduquer le bizuth“. Je veux dire, donner aux cons’, bib’, adjoints/assistants : une culture WEB. Et y’a du boulot ! Et modestement on s’y emploie. Je veux dire qu’au sein d’une promo en formation, les qq geeks réussissent -au cours de travaux de groupe et de contacts- à faire passer des outils/techniques/de la webophilie autour d’eux. Bref, que au moins les nouveaux bibliothécaires soient moins à la rue sur ces aspects que leurs prédécesseurs. Personnellement, je prône le fait qu’on est - entre autres - des “professionnels de la veille”, et que les outils nécessaires devraient nous être enseignés/imposés. Et je crois que, informellement, ça marche : chaque promo est moins handicapée que la précédente.
3. Ensuite, en bibliothèque, proposer des outils simples en interne. C’est ce que j’ai essayé de faire avec ma saga “pour les nuls”. A titre expérimental, une bib peut essayer un truc. Voir si ca marche. Sans rien demander à personne. En interne, on trouve une personne moins réticente que les autres pour gouter au fruit défendu, essayer une nouveauté, sous une forme quasi-ludique - en l’assurant d’un soutien indéfectible : soutien technique/intello mais surtout symbolique (la dir de l’établissement est derrière ce nouveau service ; les échecs sont autorisés et partagés)
4. Jouer le donnant/donnant. Par ex, en NZ, j’ai formé au 2.0 et à bloglines. L’idée était : “avec bloglines, vous allez pouvoir suivre tout ce qui vous intéresse : les news, les recettes de cuisine, les voitures, etc. Bref, ca va vous aider, vous, dans votre vie perso. Aussi, on vous demandera de faire de la veille bibliothéconomique”. Après bien sûr faut pas que ca dégénère. Mais, c’est l’idée : la bib vous pousse dans un sens, mais c’est votre intéret personnel que d’y aller (et je vous le montre).
5. Si on a pu, à toute petite échelle, mettre en place un micro-service qui marche : le vendre aux élus comme la première pierre d’un édifice révolutionnaire, peu couteux, à construire…
6. Je pense que si on est très fort, on peut aussi vendre des super-services d’entrée de jeu (cf BML)
7. What else ?…
—
(**) Une telle enquête a été faite récemment aux US et a révélé que 80% des lecteurs étaient des (ex) bloggueurs !!! C’est flippant !!
L’idée serait donc un sondage du genre :
- qui êtes vous ? (état civil)
- Votre lien à la bibliothéconomie ? (professionnel, retraité, étudiant, master SI, prépa concours…)
- où travaillez vous ? (FPE/FPT, taille établissement/ville, etc)
- Quel niveau de pouvoir avez vous ? (c’est pas forcément les statuts, mais c’est : “êtes vous en capacité d’agir?”)
- Votre rapport aux blogs :
- êtes vous producteurs ? (jadis, oui, bientot // gros, petit // perso, pro)
- êtes vous lecteurs ? (combien ? dans quel domaine ? Avec quelle hygiène ? avec quelle fréquence ? Quand ? )
- êtes vous commentateurs ?
- quels outils utilisez vous (netvibes, bloglines…) ?
- Comment avez vous décider de suivre tel ou tel flux ? En avez vous abandonner certains ? Les lisez vous tous de la même façon ? Les traitez vous de la même façon (sont-ils neutres ou identifiez vous des ‘idéologies’ (bref : on ne lit pas le Figaro comme l’Huma))
- Vos autres pratiques de veille (ML, bbf, etc) ? Ont-elles évoluées ?
- Pensez vous que ca vous sert ? Est-ce une source que vous citez régulièrement auprès de … ?
- Avez-vous jamais lancé un truc chez vous suite à la lecture d’un blog ?
Et sans doute d’autre trucs auxquels j’ai pas pensés…
Entry Filed under: Blogosphere, bibliothèque, bibliothèque 2.0, bibliothèques 2.0, bibliothécaire, library, library 2.0, outils web 2.0 (tools), veille. .
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![Bord de rivère [la Pique], pont, Luchon Bord de rivère [la Pique], pont, Luchon](http://farm4.static.flickr.com/3112/2673967144_b1e8a223bc_t.jpg)
1.
Clolo | Mercredi 28 février 2007 at 9:47
D’accord avec les points 1 à 6
7. Parce qu’il n’y a pas le choix, ça se fera avec ou sans les professionnels en question, et ça se fera avec les “jeunes” générations comme tu le dis en 2
8. si votre BM est trop “poussive” comme le dit Marie, qu’est ce qui vous empêche de préparer votre CV ?
2.
Marie | Mercredi 28 février 2007 at 10:26
ooooh bon je vais devoir revenir après réflexion sur tout ça ! En tout cas merci de votre (ta ?) réponse !
, malheureusement il y a déjà les contraintes géographiques et familiales (trouver 2 postes intéressants pour un couple de bibs, bon courage - oui je sais, l’endogamie, tout ça…), et puis comment savoir si l’herbe est vraiment plus verte ailleurs ? j’ai déjà bossé dans 3 BM très différentes + les échos de celles où a travaillé mon mari, et pour l’instant je n’ai pas trouvé l’idéal…
Juste rapidement une réponse au comm de Clolo : mon CV est prêt en permanence
3.
Thomas | Mercredi 28 février 2007 at 11:10
Former, former, former…
Quand on est en poste, il ne faut pas hésiter à faire profiter les collègues des résultats de notre veille et éveiller leur intérêt, voire proposer des formations internes. On peut mettre en place tout un cycle de cette façon (http://vagabondages.blogspot.com/2006/06/de-la-formation-professionnelle.html)
En général, si cela rentre dans la formation continue des personnels, on peut avoir l’appui de sa direction. Reste alors à convaincre les collègues, et plus particulièrement les responsables de services et de départements. Ceci dit, il règne un tel buzz autour de ces pratiques qu’il serait surprenant que ces responsables n’y aient pas jeté un oeil. Former, expliquer, ressasser, il n’y a que ça de vrai.
4.
willy | Mercredi 28 février 2007 at 11:20
on s’écarte un peu de l’utilité de la Biblio-Blogo-Sphere (BBS) pour atterir sur l’utilité des formes dites 2.0 au sein des BM (je ne suis pas bibliothécaire).
Effectivement, face au fonctionnement des organisations, les prospectives toutes belles et originales - fl’URSS, role des utilisateurs etc. - paraissent bien lointaine. Et bien : justement. La BBS est un reservoir de contenu orienté nouvelles pratiques, une zone de REX (retour d’expérience), un réseau de volontés qui ont l’envie et/ou la possibilité de s’attarder et plancher sur les domaines en mouvement.
On peut ensuite distinguer les contenus de la BBS, dresser une typologie des thèmes abordées (tiens je jette une idée au passage pour la BBS : mettons nos tags dans le meme panier et analysons un peu les sujets soulevés si c’est exploitables. Mashupons joyeusement) :
- aide à la décision via les REX : je pense par exemple à l’experience de Nicolas à la BU d’angers, une mine pour qui veut un resolveur de lien).
- veille “utililitaire” : des outils fleurissent tous les jours, seuls quelques uns résonnent avec nos besoins. La BBS permet un recensement puis un tri de ces données
- reflexions de fonds : dans le cadre d’un projet on peut avoir à se pencher sur des domaines méconnus (format de données par exemple). Nombre de BBSeux réalisent des synthèses pertinentes et précieuses.
- Formation, auto-formation : que ce soit des supports de formations, des analyses d’évènement, la BBS fourmille de pistes pour évoluer vers ce qu’on veut
- etc.
Enfin la BBS n’a pas d’utilité en soi. Elle est multiple (on y croise des consultants, des bibliothécaires, des informaticiens) et tire de ce fait son intérêt : si vous travaillez dans le champs de l’information, il se peut qu’un jour une question vous taraude. Il devient alors possible que l’utilité de la BBS ne se pose plus : elle est une source nouvelle, incontrollée (avantages et inconvénients comme on dit), et surtout très “dans l’air du temps”.
5.
willy | Mercredi 28 février 2007 at 11:23
Vous excuserez les fôtes d’ortografes. Toutes les erreurs sont le fruit d’un clavier fort récalcitrant, pas celui de ma paresse face à la relecture
6.
Marie | Mercredi 28 février 2007 at 6:33
Juste pour répondre rapidement sur mon expérience perso…
? Prête à répondre tout de suite !
oui, on essaie de former les collègues, mais que c’est dur de surmonter 1) les réticences voire les blocages complets devant tout ce qui relève de près ou de loin de l’informatique 2) les pesanteurs des tutelles, voire les bâtons dans les roues 3) les susceptibilités, les hiérarchies immuables…
Mais bon, le pessimisme et la lassitude n’empêchent pas (heureusement !) de s’enthousiasmer pour des projets et d’y croire encore…
Sinon, cette proposition de sondage est très intéressante, qui le lance en grandeur nature
7.
Kotkot | Mercredi 28 février 2007 at 10:45
venez en parler le 15 mars !
8.
dbourrion | Jeudi 1 mars 2007 at 8:22
Sur le point 2. : je crois vraiment que la formation aux outils du web devrait dépasser la simple diffusion par contact qu’il y a au sein de la promo. Non pas que je trouve le mode actuel de diffusion désagréable
Simplement, il me semble qu’il fait partie des incontournables de la profession que de connaître les outils dont tu parles ici, PK.
Donc, je plaide pour des cours bétons sur le sujet, où on mettrait les mains dans le cambouis et tout et tout (évidemment, ça risque de faire dresser les cheveux sur la tête des collègues les moins à l’aise avec ces outils. Mais franchement, est-ce que de futurs cadre sup’ des biblio - pour ne parler que des conservateurs -, peuvent n’être pas à l’aise avec une souris ?…).
Cela pourrait aussi se faire sous la forme de projets concrets, évalués, où l’on demanderait aux “formés” de monter un blog, etc… Tu sais, des sortes de projets comme on en trouve dans certaines écoles d’ingénieurs, de commerce, etc… Où les étudiants sont obligés de se coltiner avec la vraie vie. C’est déjà ce que l’on fait avec les mémoires-projets, mais ce pourrait être fait avec des mémoires-web…
Bien entendu, je ne pense pas qu’il faille former des informaticiens. Mais je crois vraiment que notre école, que je critique tant et que j’aime tout autant, devrait produire, au-delà de généralistes des bibliothèques, des spécialistes de certains domaines des bibliothèques (dont, par exemple, des bibliothécaires-systèmes ou disons, des webothécaires…).
Voilà, assez parlé pour aujourd’hui.
9.
B&C | Jeudi 1 mars 2007 at 9:54
Je pense que si on insiste uniquement sur la “formation aux outils informatiques” ça devient rapidement quelque chose de creux et de techniciste (comme on aime bien en bibliothèque).
A mon sens un rôle des blogs de bibliothécaires c’est aussi d’informer, lancer, évaluer des expérimentations concrètes, ce qui est plus complexe que les “outils” et oblige à réfléchir en terme de services offerts et d’organisation interne.
10.
dbourrion | Jeudi 1 mars 2007 at 7:10
Dans mon esprit, il n’était pas question d’uniquement, évidemment. L’uniquement, c’est pas bon.
11.
B&C | Jeudi 1 mars 2007 at 8:34
L’évidemment c’est pas mieux
12.
dbourrion | Jeudi 1 mars 2007 at 9:10
Certes (j’ai failli dire évidemment..)
13.
nicomo | Samedi 3 mars 2007 at 11:41
Pour info: Marlène (http://marlenescorner.blogspirit.com/) et moi avons écris un article sur la biblioblogosphère qui pose un certain nombre de questions qui sont aussi évoquées ici. On espère pouvoir vous annoncer sa parution dans les semaines à venir. Stay tuned.
Par ailleurs Re: Marie à propos de la bibliothèque poussive. Vous êtes dedans, faites la changer…
14.
Un bibliocamp d’ave&hellip | Mardi 28 août 2007 at 10:44
[...] à jour, c’est ce que je fais. Et l’interactivité des blogs provoque un peu de débat. A quoi sert la Biblio-blogo-sphère ? A l’autoformation. Ne nous en privons pas. Au débat, aussi. Participons. Dans son billet, La [...]